jeudi 23 mai 2013

Nous les amis de Georges...


Quelle chance nous avons eue de grandir avec ces mots-là  ! 

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Ma liberté
Longtemps je t'ai gardée
Comme une perle rare
Ma liberté
C'est toi qui m'as aidé
A larguer les amarres
Pour aller n'importe où
Pour aller jusqu'au bout
Des chemins de fortune
Pour cueillir en rêvant
Une rose des vents
Sur un rayon de lune

Ma liberté
Devant tes volontés
Mon âme était soumise
Ma liberté
Je t'avais tout donné
Ma dernière chemise
Et combien j'ai souffert
Pour pouvoir satisfaire
Tes moindres exigences
J'ai changé de pays
J'ai perdu mes amis
Pour gagner ta confiance

Ma liberté
Tu as su désarmer
Toutes mes habitudes
Ma liberté
Toi qui m'as fait aimer
Même la solitude
Toi qui m'as fait sourire
Quand je voyais finir
Une belle aventure
Toi qui m'as protégé
Quand j'allais me cacher
Pour soigner mes blessures

Ma liberté
Pourtant je t'ai quittée
Une nuit de décembre
J'ai déserté
Les chemins écartés
Que nous suivions ensemble
Lorsque sans me méfier
Les pieds et poings liés
Je me suis laissé faire
Et je t'ai trahie pour
Une prison d'amour
Et sa belle geôlière

Et je t'ai trahie pour
Une prison d'amour
Et sa belle geôlière
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Les amis de Georges étaient un peu anar'
Ils marchaient au gros rouge et grattaient leur guitare
Ils semblaient tous issus de la même famille
Timides et paillards et tendres avec les filles
Ils avaient vu la guerre ou étaient nés après
Et s'étaient retrouvé à St-Germain-Des-Prés
Et s'il leur arrivait parfois de travailler
Personne n'aurait perdu sa vie pour la gagner

Les amis de Georges avaient les cheveux longs
A l'époque ce n'était pas encore de saison
Ils connaissaient Verlaine, Hugo, François Villon
Avant qu'on les enferme dans des microsillons
Ils juraient ils sacraient, Insultaient les bourgeois
Mais savaient offrir des fleurs aux filles de joie
Quitte à les braconner dans les jardins publics
En jouant à cache-cache avec l'ombre des flics

Les amis de Georges on les reconnaissait
A leur manière de n'être pas trop pressés
De rentrer dans le rang, pour devenir quelqu'un
Ils traversaient la vie comme des arlequins
Certains le sont resté, d'autres ont disparu
Certains ont même la Légion d'Honneur qui l'eut cru?
Mais la plupart d'entre eux n'ont pas bougé d'un poil
Ils se balladent encore la tête dans les étoiles

Les amis de Georges n'ont pas beaucoup vieiili
A les voir on dirait qu'ils auraient rajeuni
Le cheveu est plus long, la guitare toujours là
C'est toujours l'ami Georges qui donne le la
Mais tout comme lui ils ne savent toujours pas
Rejoindre le troupeau ou bien marcher au pas
Dans les rues de Paris, sur les routes de province
Ils mendient quelquefois avec des airs de prince

En chantant des chansons du dénommé Brassens




6 commentaires:

  1. Un billet qui nous parle... encore !!!
    GROS BECS

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  2. Des textes qui résistent à tout, au temps, aux modes... et à la mort. Une telle grandeur d'âme ne peut que se partager. Merci Gloria.

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  3. Merci de ce billet un bel hommage .Il faisait parti des grands

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  4. Oui, quelle chance ! et quelle tgristesse de savoir parti cet homme-là....j'ai l'impression que le monde ne sera plus jamais le même....

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