vendredi 9 mars 2012

La HAS se couche-t-elle sur le divan ?



Autisme. On a cru à un bon dépoussiérage, la HAS envoie la poussière sous les tapis et est bien loin du coup d'balai ! 


Jean-Luc Harrousseau (Président de la HAS) :

 "Nos recommandations sont incitatives. On ne va pas contrôler, ni sanctionner. La médecine relève de la responsabilité individuelle des médecins qui la pratique. Mais ils ne peuvent pas faire n'importe quoi."

M'enfin, quelle déception !!!!!

On ne va pas contrôler, ni sanctionner.


Ah bon ?
Alors, ça veut dire que la psychiatrie échappe aux poursuites si elle s'exonère de suivre les recommandations de la HAS ?
Quelle autre pratique médicale peut se permettre une telle inconséquence ?

Le Président de la HAS est hématologue.
Le professeur Jean Bernard, fut-il son maître ?  
Il y a 35 ans,  j'écoutais le vieux sage expliquer à ses carabins en culotte courte que la psychiatrie était encore à naître. Vous verrez nous disait-il... Ce n'est pas encore une science, et tout reste à découvrir. 
Il fut pourtant un des premiers à associer un psychologue dans le service d'hémato de Saint Louis. Reconnaissant ainsi à cette discipline son utilité tout en exigeant l'excellence dans la qualité des soins apportés et en encadrant ses limites.
Je me souviens de son air malicieux lorsqu'il nous disait : "Tant qu'il ne nous disent pas que le cancer est psychologique, on leur ouvre la porte !".
Oui, les jeunots, parce qu'à l'époque, le cancer, pour les psychanalystes était psychologique ainsi que l'asthme ou l'allergie... Cette brave Madame Dolto nous expliquait à la radio que les BB naissaient avec une circulaire du cordon lorsque leur maman étaient contrariées par un coup de téléphone traumatisant ( on ne dira jamais assez l'apport du  téléphone sans fil à l'obstétrique ).  Et je ne vous raconte pas mes souvenirs de cours de psychiatrie concernant la sexualité des filles ...

Allez, j'ai bien peur qu'en recommandant à dose homéopathique (pfffff), la HAS en fasse encore prendre pour 50 ans aux parents, aux enfants et aux soignants de bonne volonté. Jean Bernard est mort et je ne suis plus très jeune. J'aimerais bien voir naître enfin la psychiatrie au monde passionnant des sciences avec ses exigences, ses contraintes et vite des résultats. 



Grâce à vos commentaires on aura peut-être ...Un p'tit plus pour le tout !

5 commentaires:

  1. Oui....je suis aussi désolée que toi ! Les charlatans n'ont pas fini de traumatiser des gens pour assurer leur confortable petit pouvoir.....pauvres parents, pauvres enfants ! :(

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  2. Ceci dit...une porte est maintenant entrouverte, coinçons vite notre pied dedans !

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  3. J'aime, Gloria, quand tu prends de saines colères comme ça :-)) ! Eh oui c'est décevant, un tel manque de courage.D'autant que les annonces depuis plusieurs semaines laissaient entendre une réelle avancée dans ce domaine. Je crois quand même qu'on peut compter, une fois de plus, sur la vigilance des associations (notamment de parents) pour continuer à secouer toutes les frilosités.
    Bises à toi et bon week-end presque printanier.

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  4. Oui Anne et Odile, une verrou saute et il faut donner un grand coup d'épaule pour que ça ne mette pas 50 ans de plus. Parce que tu vois Odile, quand je lis ce qui s'écrit ces jours ci, j'ai l'impression que rien n'a avancé depuis les échanges d'il y a maintenant plus de 12 ans que nous partagions sur les sites de troubles du langage. A l'époque déjà, on espérait des ouvertures, des mises à l'écart des mauvaises pratiques, on se prenait la honte par rapport à de nombreux autres pays... Et la psychanalyse était d'évidence disqualifiée.
    Mais il est vrai aussi hélas qu'il existe dans notre pays une singulière indulgence pour le charlatanisme, qu'on le laisse s'insinuer dans de nombreuses pratiques de soins...

    Sinon les tapis du marchand de rêves sont magnifiques...

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  5. Bon ben voila je iens d'apprendre que j'ai eu deux coups avant la naissance de ma Laurette, que du coup je lui ai imposé par le biais du téléphone des souffrances que j'aurais pu évier, si j'avais vécu sans tél, bref, on dit tout et n'importe quoi, et on en oublie peut être bien l'essentiel, qui est que l'on ne sait jamais. Et que pour éviter d'avouer son ignorance, on préfère montrer des coupables, qui traineront leurs fardeaux pendant toute une vie. Merci ma Lulu de ce billet. Même si il me laisse perplexe et révoltée. Bisous

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