lundi 21 février 2011

Le coté obscur de sa force.



Petits chats, petits rats avec nos frêles os
Nous allions à l'école de danse
A la barre de chêne se pliaient les roseaux
De nos corps amoureux de cadences
La danse est une cage où l'on apprend l'oiseau
Nous allions à l'école de danse

Face à la grande glace, petits canards patauds
Nous vivions pour le bonheur insigne
De voir nos blancs tutus reflétés par les eaux
Du lac noir où meurt La Mort du Cygne
La danse est une étoile, qu'elle est loin, qu'elle est haut
Sur les pointes on lui faisait des signes

Dans un coin du studio, le piano convolait
Hardiment vers des prouesses russes
Et le plancher des vaches de son mieux décollait
Sous nos pieds ivres de sauts de puce
La danse est une bête, la sueur est son lait
Le désir, sa coutume et ses us

Alors, chacun les bras en coeur, corps à couteaux tirés
Se tendait vers la ligne suprême
Vers les extrémités d'un ciel, d'un soleil délivré
De la nuit et de ses théorèmes
La danse est un espace où les ronds sont carrés
Où le temps, ô miracle, nous aime

Sur des rythmes d'Astaire, des tambours brésiliens
Elle danse, la Danse, elle danse
Pas par pas, bond par bond, elle brise les liens
De nos poids épris de transcendance
Paysanne est la danse, le cosmos est son grain
En sabots de satin, le balance

Petits chats, petits rats avec nos frêles os
Nous allions à l'école de danse
A la barre de chêne se pliaient les roseaux
De nos corps amoureux de cadences
La danse est une cage où l'on apprend l'oiseau
Nous allions à l'école de danse.

Claude Nougaro.


Je ne sais pas si ce sont les souvenirs de ces années chignon qui m'ont tant émue, bouleversée ou au travers du si doux visage de la p'tite Portman (Black Swan), l'inévitable duo de l'Art et de la folie menés à l'extrème.
Pas d'Art sans démesure.
Au risque de s'y perdre.
Danse, écriture, musique, dessin, théatre, mêmes combats, mêmes blessures.
A l'école de danse, on apprend la rigueur, l'exigence, la maitrise, la douleur, la beauté.
Corps et âme dévoués au danseur, corps et âme dévoués au ballet.
A l'école de danse on apprend à avoir un maître.
Un jour, le corps grandit, un jour le corps trahit.
A l'école de danse, on apprit aussi très vite...
A partir avant d'être viré....

La danse est une cage où l'on apprend l'oiseau...
Vers d'autres horizons mes oiseaux se sont envolées radieuses...

Grâce à vos commentaires on aura peut-être ...Un p'tit plus pour le tout !

14 commentaires:

  1. Tu es allée au cinéma Lulu ? Tu as fait de la danse adans le temps, toi ? ou bien se sont tes filles ?

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  2. Tu as vu "Black Swan" donc. Ton billet traduit bien ce qu'est cet art.
    La danse c'est aussi beaucoup de sacrifice pendant 13 à 15 ans ... et comme tu dis la possibilité de se retrouver viré. Enfant, je rêvais de danser... bien vite, j'ai compris que je n'aurais aucune chance.
    BISOUS.

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  3. Oui, Anne je suis allée au cinéma hier soir, Domi était venue dire ici qu'elle avait aimé le film que j'ai aussi trouvé bouleversant.
    Moi j'ai juste fait les "chignons" de mes filles pendant leurs quelques années de conservatoire (mais en amateur, amateur attentif et sérieux mais amateur), et j'espère avoir été une mère un peu moins glinglin que celle du film ;-)
    ça m'a fait plaisir d'y repenser à ces années où elles ont goûté le plaisir de danser sur scène et même à l'étranger. A l'époque, elles ont gagné un prix de chorégraphie et moi dans l'affaire j'étais la costumière et l'accessoiriste de ces demoiselles ;-).
    Moi ? Je danse comme un pied ;-)

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  4. C'est curieux ,il ne me tente pas ce film ...je voulais voir celui sur l'après Béjart et son école de danse mais il n'est pas passé dans nos salle ...
    Par contre j'étais allée voir celui de Pina Bausch ,elle fait danser des ados, après avoir fait danser des personnes âgées) et monte avec eux une chorégraphie passionnant .Les ados se découvrent et grandissent; moi ,cela m'a beaucoup touchée
    Bonne aprèm

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  5. On vient de voir Black Swan hier soir, comme il faisait glaciale, gris, et pluvieux, quoi de mieux qu'une petite soirée cinéma ? Je trouvais intense ce film, un bel exploit, bien que les personnages sont tous des caricatures dans l'extrème, mais quand même très prenant comme histoire, sa folie, la folie de sa mère, l'incertitude de vrai ou de rève la dedans, même à la fin, encore l'incertitude, vrai ? faux ? Oui, intense...

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  6. Ce sont toujours de bons moments, ceux que l'on passe à accompagner nos enfants dans leurs disciplines préférées. Les miennes n'ont pas fait de danse mais la p'tite dernière a fait de la gym avec la fille de Brigitte et nous, nous étions juges parfois, quand nous accompagnions. C'était très familial et sympa. De bons souvenirs.
    J'ai aussi été supportrice de foot pour mon garçon et aussi de tennis ;-))) ...
    Bises

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  7. dès qu'il sortira je me précipiterais sur le DVD pour revoir à saciété les morceaux de danses,j'aime beaucoup sa façon de filmer,mais ça vaut le coup de voir et revoir .
    bonne soirée
    domi

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  8. Un film qui n'est pas à l'horizon par ici... je ne sais pas si j'aurais envie de le voir mais ton billet m'y incitera peut-être s'il passe. Vu sous l'angle que tu écris cela semble plus "musclé" qu'une simple histoire de "danseuse"

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  9. Quel beau texte de Nougaro ... ;-)

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  10. Un univers inconnu, je ne fus jamais un oiseau dans un cage, ce n'était pas le truc familial, mais il n'est jamais trop tard, pour découvrir des univers. Plein de gros bisous ma Lulu et douce nuit

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  11. Ah, toi aussi Owen la fin te laisse des incertitudes, j'étais la seule à en avoir à la sortie, ça me rassure !
    Domi, je le reverrai avec plaisir sur moins grand écran.
    Le film a des défauts, enfin, plutôt moins que la moyenne des navets de nos menus habituels. Il caricature sans doute, il en fait trop parfois. Quoique, ça dépend... Vincent Cassel est assez "bisounours" pour un maître de ballet, on en connût de bien plus sévères.
    Le sujet est intéressant, il interpelle la danse, mais ça pourrait tout à fait être la gymnastique ou la musique, dans ses propres contradictions. A la fois, les enfants choisis qui s'y "plient", y sont forcément "dociles", et c'est cette docilité qui leur sera reprochée plus tard (je n'ai pas que de bons souvenirs, ni du foot, ni de la gym... et je ne parle pas pour moi car en sport je n'ai de bons souvenirs de rien).
    Il traite de la parentalité dans l'enfance de l'Art, l'ambiguité n'est pas si caricaturale, et il me semble pour l'avoir vu faire, que l'on s'appuie bien trop en sport, en danse et en musique, voire à l'école, sur l'implication maternelle (majoritairement maternelle, tellement plus aliénable, plus facile à culpabiliser, comme toujours), pour pouvoir s'exonérer des débordements engendrés,tout en les reprochant. Faudrait savoir ce qu'on veut parfois.
    Il traite de la fragilité mentale dans l'Art, dans la passion. Dans notre monde lisse où chacun doit s'évertuer à paraitre si uniformément bien dans sa peau, ce film est un peu allergisant et ça fait du bien là où ça gratte.
    Je trouve en effet Annick que le texte de Nougaro dit tout ça à merveille, c'est pourquoi je l'ai choisi.
    Au total, c'est un vrai film, avec un soin de l'image et du spectacle.
    Michelaise, fais attention quand même, tu m'connais, je suis plus indulgente que toi pour le cinéma "populaire" et celui-ci en est. Rends-toi compte... je regarde Dirty Dancing et je passe une très bonne soirée ;-))))

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  12. Que c'est émouvant de revoir toutes ces photographies !!! Je me revois encore répéter dans la cuisine avec Camille et Estelle notre chorégraphie, que j'ai encore en mémoire 19 ans plus tard !!! Et les chignons, et les ballets en Pologne et en Allemagne, et le nombril qui doit toucher la colonne vertébrale… J'aimerais que Mme Rognoni voit ce billet ;-) Et quel beau poème, je ne le connaissais pas, il est vraiment touchant. J'ai très envie d'aller voir ce film… Et j'ai très envie d'aller voir de nouveaux ballets, et pour cela Nantes, c'est beaucoup moins riche que PARIS !!!
    Merci la tendresse de ce flashback.

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  13. *Mathilde*, je savais que ces photos te feraient plaisir !
    Madame Rognoni, pour ceux qui ne la connaissent pas, c'était la prof de danse, en photo en haut à droite, très grande classe.
    Le poème est une chanson,je vais essayer de l'ajouter.
    Moi aussi ça m'a donné envie de retourner voir un ballet !
    *Brigitte*, je n'ai pas vu le film dont tu parles, je vais essayer de le trouver.

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  14. http://www.deezer.com/listen-2799223
    Voilà le lien pour écouter la chanson de Nougaro, je n'ai pas trouvé comment l'intégrer au message, ça doit bien être possible pourtant.

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