mardi 18 mai 2010

Place aux jeunes !


Le cimetière de Prinçay affiche complet.
Une procédure est par conséquent en cours afin de reprendre les concessions laissées à l'abandon.
Trente tombes sont concernées.
Ne vous précipitez pas pour autant, seuls les  habitants du hameau ont droit à l'inhumation dans ce p'tit paradis sous terre ;-)
Un p'tit tour photographique afin de garder une trace et un état des lieux des tombes concernées.

La tombe la plus ancienne encore identifiée est celle de Madame Léonie 
 Fournier née Cognée Léone (emplacement 15) décédée le 02 Avril 1878.
-----------
Comme je le disais chez Michelaise l'autre jour à propos d'une de ses tournées de pierres  tombales, je serais plutôt du genre à perturber l'espace aérien avec mon nuage de cendres, ben oui, toujours un peu vieille anar anticléricale, faisant simple et rapide. J'avais donc prévenu toute ma smala de cette joyeuse idée, ayant déjà souri à travers mes larmes, à quelques impies propulsés direct au paradis des athées, par la grande cheminée du Père Lachaise, l'idée ne me déplaisait pas.
 Quand voilà ti pas que l'autre jour, mon Ours, s'interrogeant sans doute sur des fonds à placer dans l'immobilier par temps de crise, me demande lors de ma tournée de cimetière, quel emplacement Sud Sud Ouest avec vue sur la Godardière nous prendrions dans ce p'tit lotissement datant du 19ème siècle, résidence familiale de vacance ....
Je ne suis pas restée de marbre à cette proposition.
Saupoudrée l'une sur l'autre, que ce soit dimanche ou lundi, dans l'enfer ou le paradis, les amours aux amours ressemblent, c'était hier que je lui ai dit....
Nous dormirons ensemble....

Bientôt viendra la p'tite histoire des cimetières de Prinçay, documents à l'appui, trouvés aux Archives.
En attendant, histoire d'écrire au jour le jour la vie de ce p'tit hameau, ancienne paroisse puis commune, voici le plan du cimetière avec les tombes concernées, et un diaporama pour garder celles-ci en mémoire....




Patronymes retrouvés : Colombeau, Petit, Chainet, Fonteny, Maille, Alexandre, Marnay, Caillault, Rabier, Adhumeau, Nedeau, Pageard, Cognée, Caillé, Tranchant, Augereau, Dubois, Bajou, Guillot, Roux.


Grâce à vos commentaires on aura peut-être ...Un p'tit plus pour le tout !


11 commentaires:

  1. voici une réponse originale aux placements en temps de crise.MAIS DE LA crise à la mort tu oublies le passage par la case retraite (enfin en principe pour ceux qui ont de la "chance")

    bises et bonne journée domi

    RépondreSupprimer
  2. Ce commentaire a été supprimé par l'auteur.

    RépondreSupprimer
  3. Je me souviens d'avoir été assez déçue, enfant, lorsque l'on m'a appris qu'on n'était pas enterré "à vie" à son emplacement.... :)
    J'ai pas encore choisi quoi faire de mes restes, si ce n'est que je suis absolument contre des marmottements de prières quelconques au-dessus. J'ai dit !

    (s'cuse, fautes de frappe, chuis mal réveillée..)

    RépondreSupprimer
  4. Je ne me suis jamais sentie triste dans certains cimetières, mais paisible. J'aime surtout les cimetières bretons à la campagne. A la sortie de la messe dominicale on allait "causer" avec nos morts comme disait ma mère. C'était un peu comme une visite, on leur portait des fleurs du jardin. C'était facile, le cimetière était autour de l'église.Au fil des pas on pouvait se rendre compte combien la "tendance" tombale avait changer avec le temps. au 19ème siècle on entourait la tombe d'une petite barrière en fer forgée peinte et repeinte. Cette barrière m'a toujours fait penser à des lits d'enfants. Les enfants d'ailleurs il y en avait beaucoup plus fauchés par la Camarde dans leur jeune âge. Les fleurs fraîches n'étaient pas de mise, la mode était aux couronnes de perles (c'était d'ailleurs une profession). Aujourd'hui la tendance est à la crémation, Dans 150 ans quand les chercheurs étudieront notre époque, il auront bien peu d'éléments, plus de lettres, plus d'écrits, les technologies contemporaines auront sans doute été remplacées et re-remplacées déjà en 30 ans qui peut lire ce qui se trouve sur nos vieilles disquettes 33" !
    Tu fais bien chère sorcière de photographier ces vieilles tombes avant que les vieux patronymes ne finissent à la fosse commune.
    Bonne journée chère sorcière, le soleil revient on pourra déserter les cimetières, au profit des chemins qui sentent le sureau et la noisette...bise.

    RépondreSupprimer
  5. A la ...SIC..."vieille anar anticléricale" :
    Cimetière : Ultime étape de la lutte des classes.
    "Jacques Mailhot"

    RépondreSupprimer
  6. Quelle chance d'avoir un très vieux cimetière près de chez toi !!!J'aime beaucoup, surtout ceux qui sont très anciens comme ici, autour des chapelles. D'ailleurs, lors d'un voyage en Ecosse où nous faisions un petit coucou à la petite dernière, je tenais absolument à voir et les châteaux et les cimetières ;-)
    Chouette emplacement en tout cas ;-)

    c'est bien de faire de la place aux jeunes mais c'est ainsi que je n'ai jamais pu retrouver mon grand-père maternel, enfin sa tombe... s'il n'y avait pas eu autant de "non dits" autour de lui, cela aurait pu être possible, peut-être ? il a habité à 10 mn de chez nous, dans un bled à côté ! je l'ai su il y a trois quatre ans pas plus ...
    bonne soirée et vivement la suite.
    Bises

    RépondreSupprimer
  7. Tu sais parler de façon si juste, et pourtant c'est bien sensible en ce moment pour moi - de ces dernières demeures. Je suis touchée... je t'embrasse Lulu

    RépondreSupprimer
  8. Vivement la suite.... le plus tard possible, Annick, non :-)))) ?

    Quelle belle déclaration d'amour, Lulu !

    La vie et la mort des cimetières, c'est parfois une prise de conscience liée à la généalogie, ou à l'histoire de la famille proche... Comme Annick, je m'inquiète du devenir de certaines tombes, dont je sais qu'elles ont une importance pour mes proches, mais dont je ne connaissais même pas la localisation précise. Avant qu'il ne soit trop tard, j'ai demandé qu'on me fasse un petit plan du cimetière en question, avec des repères pour l'identifier.
    Quant à moi, il est une tombe que je ne retrouve "jamais"... en tout cas jamais du premier coup. J'arrive dans le cimetière de Cerisiers, je connais l'endroit, la première travée, la troisième tombe.... et malgré tous ces détails, je ne trouve jamais la tombe de mon père...

    RépondreSupprimer
  9. Dormir sous une pierre pour l'éternité ? je préfère m'en aller au gré du vent...

    RépondreSupprimer
  10. Et bien voilà Michelaise toute émue, si on lui avait dit que Lulu allait avoir de pareilles idées... et à y bien réfléchir, il a raison ton ours !! comme il se doit (c'est sans doute 68 qui nous a fait cet effet) je voulais aussi partir au vent : j'avais quant à moi prévu un envoi dans la mer, vers le phare de Cordouan, et un petit Yquem à déguster tout frais sur le bateau pour remonter le moral des troupes après la dispersion des cendres. Mais j'avoue que l'idée de l'Ours me touche et qu'il n'a pas tort ton homme, on est faits pour rester ensemble pour l'éternité pas vrai ???
    Sympa de rendre un dernier hommage à ceux dont les tombes vont disparaitre, finalement cela vaut bien un bouquet de fleurs !!

    RépondreSupprimer
  11. Domi : la retraite, vu la crise, dans une toute petite boite aussi ;-)

    Eh oui Anne, et ça bouscule pas mal d’imaginer les déménagements. D’un monde de carabins, j’en ai connu qui ont donné leur corps à la science sans leur consentement… quelle époque !

    Canotte, ici aussi on a les p’tites barrières en fer forgé ! Et ma cousine Henriette, la p’tite dame de la lisière des Bois plus loin, m’a dit de retourner examiner les croix, car souvent elles racontent l’histoire du défunt (guerre, enfant..).
    Le croque-mort d’ici pense comme toi que l’on regrettera cette période qui envoie tout en fumée ! Concernant l’archivage on regrettera aussi la mauvaise qualité de l’encre…

    Tonton, j’avoue (et vu le contexte vieille etc.. ça me torture) être épatée du soin pris par les curés de tous ces p’tits villages à répertorier( depuis l’Ordonnance de Villers-Cotteret de ce brave François 1er 1539) tous nos morts miséreux, vagabonds, qui côtoient du coup dans une égalité pré-républicaine les nobles qui les aliénèrent.

    Tataze, le sujet est vite sensible, et j’espère qu’il ne l’est pas trop pour toi, je t’embrasse moi aussi !

    Merci Odile ! La première demande de coloc à Paris, rue de Capri, c’est moi qui l’ai faite, il y a bientôt trente ans, je dois dire que celle-ci, tant de chemin après, m’a beaucoup émue.
    En dehors du petit cimetière de Prinçay qui fait partie de mes promenades et où j’accompagne celui qui y retrouve sa mère, je n’ai pas la culture des tombes, privilège des expatriés et fils d’expatriés sans Dieu, mes disparus sont dans mes mots, leurs objets, leur histoire, leur marche sur les chemins de l’exil, l’Histoire des guerres et des religions qui ont dispersé mon arbre dont les branches s’éparpillent de l’Orient à l’Occident…
    Je retrouve bien plus la grand-mère Sarrazin, ancienne propriétaire des lieux, par sa pendule qui carillonne à mon oreille tous les quarts d’heure que par la pierre sous laquelle elle repose si près de chez nous. Quant à ma belle-mère, c’est au travers de son porte-aiguille que nous « communiquons ».
    Malgré mon âme de métèque et de mécréant, je suis très forte pour accompagner dans les cimetières, chaque fois que tu murmures ton père, j’ai envie de te prendre par le bras pour t’aider à retrouver le chemin, ma belle…

    Michelaise, l’émotion forcément n’est jamais loin…
    Je pense qu’ à chaque fois que j’ai évoqué, entre la poire et l’fromage, « mes dernières volontés » comme on dit, j’ai un peu naïvement…. Immortalisé tout mon p’tit monde autour ! Je me fais égoïstement partir la première, sans douleur et sans péridurale dans les bras de mon Ours of course…. Evidemment l’ordre du temps est respecté, et aucun de mes enfants ne manque au cortège, et en écho à ton p’tit Yquem , je les console de quelques châteaux Gloria histoire de finir en rouge….
    De temps en temps la vie remet les pendules à l’heure, la faux a frôlé le nid, la camarde a frappé trop fort ailleurs, les pivoines appartiennent à de trop jeunes filles…
    A cette demande de coloc, j’ai répondu, comme je te l’ai dit avec humour, sachant l’irrépressible penchant masculin pour les longs fémurs aux métatarses haut perchés, pas question de trainer à la Croix Fleuriau avec quelques cendres de jardinier, une petite fille du 17ème siècle et quelques affreux gabellous, pendant que Môssieur dragouille les fantômes à voilette du 19ème siècle, une époque à froufrou en plus, à 800m de là !

    Non mais !

    RépondreSupprimer