mardi 16 mars 2010

Sarn - Precious Bane ( la précieuse calamité). Mary Webb.



Et à l’instant, se courbant sur son rouet, elle reprit son vieux cri douloureux :

Est-ce ma faute si le lièvre a croisé mon chemin ? Est-ce ma faute ?

….

J’étais en colère et pourtant j’éprouvais un certain réconfort à voir qu’elle me traitait comme une égale et non comme une malheureuse, rejetée du jeu de l’amour. Etant elle-même soupçonnée de danser avec le diable, elle avait sans doute un sentiment de camaraderie pour moi, à cause des histoires de sorcières auxquelles on me mêlait. Car on allait maintenant jusqu’à dire que, par les sombres nuits sans lune, je prenais la forme d’un lièvre courant sur les collines et que j’avais un passage secret sous le cimetière. Ces contes avaient d’abord été dits en plaisantant ou par médisances, ou pour effrayer les enfants ; puis ils avaient pris corps dans la solitude de ces vieilles fermes pleines de craquements et de gémissements les soirs de tempêtes.

Nul ne saurait prédire ce que peuvent devenir, à la fin, de tels racontars, ni quels maux ils peuvent causer.




Publié en 1924, ce roman de Mary Webb est dans la lignée des soeurs Brontë, de George Sand, certains passages m'évoquent la Terre de Zola, la brutalité et la force de la vie paysanne.

J'ai découvert cette histoire à la télévision en 1968 avec le très beau film de Claude Santelli, il est disponible sur l'INA et vous pouvez en voir un extrait.
Sarn de Claude Santelli

avec Dominique Labourier et Pierre Vaneck (faites un tour sur le blog de Quichottine, elle lui rend joliment hommage)
C'était la belle époque d'une certaine culture pour tous, faite d'exigence et de popularité.
Je crois que j'ai déniché le bouquin par hasard deux ou trois ans après sur les quais de Paris. C'est une lecture qui m'a enchantée.
Une héroïne superbe et une histoire sorcière.
Tout pour me plaire, à la fois violence et douceur, romantisme et douleur, tolérance et fatalité.
J'ai évoqué ce livre à la lecture d'un  texte de Tonton Mitch..
Elle était si émouvante sa belle au dos torturé.
 Elle m'a fait penser à Prue Sarn, la belle au bec de lièvre.
Grâce à vos commentaires on aura peut-être ...Un p'tit plus pour le tout !


18 commentaires:

  1. Je m'en souviens très très bien de Dominique Labourier et de Sarn. J'avais suivi avec émotion cette histoire, cette femme et je suis restée fidèle à la comédienne qui l'incarnait, pour qui j'ai une tendresse particulière. Comme tu dis, à cette époque, la culture était proposée pour le plus grand nombre, on tirait les gens vers le haut...
    Aujourd'hui (chômage technique momentané en raison d'un marteau-piqueur en direct-live dans mon bureau...) j'ai cherché la vidéo des émissions en hommage à Jean Ferrat, que j'ai toutes ratées (mais il y en a une ce soir). Non seulement je n'en ai trouvé aucune, à part un vivement dimanche écourté, mais les plus vues sont "la ferme célébrités" et autres stupidités.

    Tiens je me remets un petit air de Jean Ferrat, pour la peine. Et j'irai revoir Sarn. Merci Lulu !

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  2. Lulu....Je viens juste de commencer le livre ....

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  3. j'avoue que pour moi c'est une découverte et, soleil aidant, envie de me détendre un peu (pas de prétexte marteau piqueur !!) j'ai écouté avec plaisir l'extrait INA

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  4. Un grand merci... car, soit je ne connaissais pas, soit j'ai oublié . Je me garde le lien pour en prendre connaissance quand je serai plus tranquille.

    Je suis comme toi Odile, j'écoute Jean Ferrat. Pas très envie de savoir qu'on l'enterre aujourd'hui et qu'il le montre à la télé, ça m'agace... fallait pas l'interdire du temps où il était vivant ... Ce soir, je regarderai cet hommage comme je l'ai fait hier soir...

    Quant à Pierre Vaneck, c'était un immense comédien d'une très grande qualité de jeu lui aussi.

    bises et merci encore.

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  5. Moi aussi je me souviens très bien de Sarn (livre et téléfilm) j'étais à partir de 1961 une adepte du Théâtre de la jeunesse de Claude Santelli (il avait un tic, il s'humidifiat les lévres avec la langue sans arrêt)j'allais chez ma voisine car nous n'avions pas encore la télévision à cette époque, nous l'avons eue en Novembre 63. Oh que oui le niveau culturel de l'époque n'avait rien à voir avec les émissions d'aujourd'hui, et les "Jeudis après-midi" ne commençaient qu'a 16 heures 30, nous ne passions pas nos journées devant la boîte à images. On jouait aux cow-boys et aux indiens, on faisait du patin à roulettes et on construisait des cabanes.

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  6. Odile, Canotte, c'est cool de se souvenir d'un téléfilm, vous rendez-vous compte, un téléfilm que l'on a vu en 1968, est-il déjà repassé à la télé d'ailleurs ?
    Tonton Mitch, j'espère que ce livre te plaira (tu me diras, même si ça fait un flop comme "la lettre d'une inconnue que j'avais conseillée à Domi qui n'a pas aimé du tout et qu'il faut que je relise ), moi j'ai eu plaisir à me replonger sur les bords de cet étang une fois de plus, et ça m'a amusée aussi de m'apercevoir que je me souvenais presque par coeur de certains passages. Rien que pour ça les relectures ont leur charme. Je me suis un peu demandé pourquoi avoir souligné certaines lignes (c'était qui celle-là, Lulu ado ?), j'en ai coché d'autres.
    Michelaise, je suis contente de te faire découvrir un p'tite page d'anthologie télévisuelle et un auteur anglais méconnu. J'aime bien les anglaises, elles racontent bien les histoires et elles ont la pudeur sensuelle.
    Oui Annick Pierre Vaneck quel acteur !
    Et bien sur Jean Ferrat encore... Deux enfants au soleil par une première journée douce et tant d'autres. J'ai loupé les émissions d'hier, j'essaierai d'être de celle de ce soir, mais la voix, rien que la voix, comme on l'écoutait en boucle en reprenant les paroles en rayant le 33 tours c'est bien.

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  7. Bonsoir Lulu, je ne me souviens pas du tout de ce téléfilm, je ne pense pas l'avoir vu, en 1968,nous n'avions pas encore la télévision à la maison, nous allions la voir chez une voisine de temps en temps. Par contre je me souviens très bien de cette actrice, Dominique Labourier, superbe, et Pierre Vaneck bien sûr. Je garde d'intenses souvenirs des feuilletons de cette époque... l'homme du Picardie, graine d'ortie, le 7 de Ker.... (je ne me souviens plus exactement du titre, ça se passait en Bretagne pendant la guerre de 39/45)... et tant d'autres que je suivais passionnément avec ma soeur.
    Des bons moments tout ça et je trouve que les feuilletons de maintenant ont perdu tout ce charme, les trames sont toujours les mêmes, insipides.
    Moi aussi, j'ai loupé Ferrat hier soir à la télé, mais je le regarde ce soir, et comme toi je suis amoureuse de sa voix, quel charme cet homme... Il va nous manquer, mais il nous reste ses chansons.

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  8. Je suis déjà sous le charme de cette écriture …ma manière de lire est assez lente, ne dépassant pas une cinquantaines de pages à chaque fois (bon, ça peut varier) et aussi, curieusement, je n’aime lire que dans les cafés, c’est curieux hein ? En parlant t d’Odile et de Stefan Zweig, je suis un fan de cet homme et j’ai lu beaucoup de livres de lui. Le regard qu’il a sur le genre humain est extraordinaire, tout comme le génial Arthur Schnitzler.

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  9. Marie-France, c'était le 16 à Kerbrian ;-) Moi aussi j'adorais les "feuilletons" de ce temps-là ! Sur l'un de mes articles, nous avions commencé à les lister, les souvenirs des uns complétant ceux des autres (l'âge heureux, Vive la vie...).

    Ah non Tonton Mitch, c'est pas moi qui n'aime pas Zweig, c'est Domi ! D'ailleurs on n'est jamais d'accord (ou presque) sur nos lectures, Domi et moi, c'est pas d'aujourd'hui :-))

    Bonne soirée à tous.

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  10. Excuse ...pas Odile ..mais Domi ...the fatigue

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  11. j'ai jamais dit que je n'aimais pas ZWEIG...C'est mon interprétation de sa nouvelle"lettre d'une inconnue"qui diffère des souvenirs de LULU
    bises domi

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  12. Il y a bien sur Domi un nette nuance entre ne pas apprécier l'héroïne de la lettre et son auteur. Je m'y colle à cette relecture là promis et nous en reparlerons, j'ai lu la lettre d'une inconnue à 18ans.
    Marie-France l'homme de picardie ça me dit quelque chose, mais pas du tout du 16 à kerbrian. Odile tu es mon encyclopédie du net, tu te souviens de tout, ça m'épate !!
    Tonton Mitch, tu as une sacrée chance de lire dans les bistrots, c'est ma nostalgie de Paris, les bistrots. Moi j'aimais lire dans le métro (mais je suis un peu fada du métro), même si parfois on lisait sur mon épaule.
    Bises à tous !

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  13. Ah bon excuse-moi Domi, ça date de quelques semaines (mois ?) ce message, je ne l'ai pas appris par coeur :-))

    Lulu, j'avais une belle-soeur, par ailleurs chercheur à la fac, réputée grosse tête de la famille, qui me disait que son cerveau ne retenait que les choses intelligentes... Ce que je trouve très présomptueux ;-)) Le mien retient même (surtout ?) les c....ries ou les p'tits trucs insignifiants :-)) Et pour moi à cette époque, la télé était une découverte très récente, une ouverture culturelle sur le monde, que je découvrais totalement, une évasion aussi. Je suppose que c'est pour ça que j'en suis restée imprégnée.
    Bises et bonne journée.

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  14. En effet ce livre.
    Tant d´années passées.

    Il fut un de mes préférés, d´ailleurs j´avais l´édition de la photo.
    Il reste présent dans mon souvenir.

    Bonne semaine

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  15. Alba tente une relecture, je pense que ce roman le mérite.
    Belle semaine à toi, il doit faire chaud à Madrid, la chance !

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  16. je cherche sans succés la terre de Zola, je l'ai même commander plusieurs fois mais il n'y a pas de réédition

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  17. Eléonor on trouve le bouquin sur Ebay ou sur priceminister en poche ou en collection ! Excellent roman. Tu trouveras sur le blog le chapitre de l'accouchement si tu veux te faire une idée.
    Bises.

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  18. Merci pour cette page et pour le lien vers mon billet.

    C'est vraiment gentil.

    Passe une belle journée.

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