vendredi 19 juin 2009

Camino









Caminante, son tus huellas
el camino, y nada mas ;
caminante, no hay camino,
se hace camino al andar.
Al andar se hace camino,
y al volver la vista atras
se ve la senda que nunca
se ha de volver a pisar.
Caminante, no hay camino,
sino estelas en la mar.

Antonio Machado







Marcheur, ce sont tes traces
ce chemin, et rien de plus ;
Marcheur, il n'y a pas de chemin,
Le chemin se construit en marchant.
En marchant se construit le chemin,
Et en regardant en arrière
On voit la sente que jamais
On ne foulera à nouveau.
Marcheur, il n'y a pas de chemin,
Seulement des sillages sur la mer.





Antonio Machado.
Grâce à vos commentaires on aura peut-être ...Un p'tit plus pour le tout !

Antonio Machado poète espagnol, rejoint les républicains pendant la guerre civile. A la chute de la République en Février 1939, il a 65 ans, il fait partie des milliers de républicains qui fuient le fascime, à pied vers la France, c'est la Retirada. Pour lui le chemin s'arrêtera au camp de Collioure où arrivé épuisé, il meurt.


Machado dort à Collioure
Trois pas suffirent hors d'Espagne
Que le ciel pour lui se fît lourd
Il s'assit dans cette campagne
Et ferma les yeux pour toujours.

(Louis Aragon)


La Retirada.

9 commentaires:

  1. fugit irreparabile tempus... C'est incroyable ces poètes qui en quelques mots bien alignés peuvent vous faire ressentir jusqu'aux tripes cette fuite inexorable du temps. Aussi carpe diem..., pour apprendre à se retourner sans regrets... Merci, Lulu, pour ce texte que je ne connais pas... Il est doux ce poète ? D'Amérique du Sud ?...

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  2. Bien d'accord. Antonio Machado poète espagnol, rejoint les républicains pendant la guerre civile. A la chute de la République en Février 1939, il a 65 ans, il fait partie des milliers de républicains qui fuient le fascime, à pied vers la France, c'est la Retirada. Pour lui le chemin s'arrêtera au camp de Collioure où arrivé épuisé, il meurt.

    Aragon lui a rendu hommage dans les poètes :
    Machado dort à Collioure
    Trois pas suffirent hors d'Espagne
    Que le ciel pour lui se fît lourd
    Il s'assit dans cette campagne
    Et ferma les yeux pour toujours.

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  3. - Oui, Lulu, j'avais bien senti un engagement très fort à travers ces mots si simples, si conceptuels, c'est pourquoi j'avais pensé à certains poètes sud-américains très contestataires qui écrivent dans le même style (comme on dirait au cinoche, "quelque part dans un pays indéterminé au milieu de..."), il faut lire entre les mots, on ne sait jamais, même (surtout ?) par les temps qui courent... "Big brother is...". Que Aragon lui eût rendu hommage, cela ne m'étonne donc pas... Voilà encore un poète que j'aime bien relire, je crois l'avoir déjà cité dans mon blog (ou chez quelqu'un d'autre ?) "Jeunes gens, le temps est là devant vous, comme un cheval fou...". Finalement, j'ai lu beaucoup trop de choses bien jeune, j'ai besoin d'y retourner maintenant avec un regard moins exalté (passionnée, quand même, mais on ne se refait pas !), et découvre avec bonheur que leurs mots ont (presque) toujours le même sens, la même force pour moi.
    - Oh, tu as vu, jeudi dernier (je crois), il y avait une soirée spéciale VIAN, chat alors, on est fortiches, hein, d'avoir devancé tout le monde sur le coup ! C'est bizarre, quand on me parle du Castor, je pense tout de suite Boris, à cause de Jean-Sol Partre ! J'étais aux anges quand ils ont souligné que L'Ecume des Jours était le plus beau poème (je préfère à "roman" !) d'amour lu dans le monde entier. Sacré Boris ! Et on n'avait pas internet à l'époque !!! Bises.

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  4. Oui oui oui Colibri, pour Boris on est fortiche !
    J'ai loupé l'émission de télé, mais j'ai écouté l'émission de radio... qui disait (entre autres) que JP Sartre avait soutenu et édité Boris parce qu'il avait .... un oeil sur sa femme Michelle !! Laquelle a quitté le pataphysicien pour l'existentialiste et Vian s'est vengé en changeant l'ami traitre en Jean Sol Partre. Décidément on n'échappera pas au trou de serrure ;-)
    Moi aussi j'ai envie de relire tous ces livres que j'avais dévorés en les dégustant maintenant tranquillement.
    Je pense comme toi que j'ai lu le meilleur quand j'étais jeune avec la même exaltation. Faut dire qu'à l'époque ;-))...

    Ces mots de Machado, je les trimbale sur un marque-page en cuir qu'une cousine lointaine sud-américaine m'a offert lorsque j'avais 9 ans. Nous partagions une correspondance comme on n'en fait plus avec des pages de papier "avion" qui mettaient 3 semaines au moins à arriver. Nos bonheurs de lecture étaient semblables, nos idées, nos amours adolescentes, on bloggait presque, un peu l'internet à manivelle avant l'heure.
    Caminante, no hay camino, se hace camino al andar. Cette petite phrase résonne dans ma tête souvent. Tellement forte...
    Il y a des mots qui te frappent la poitrine à 9 ans, sans qu'on sache qu'ils aideront à poursuivre la route à 50.
    C'est pour ça que c'est bien de lire jeune et surtout de ne pas lire que des livres pour la jeunesse ;-)
    Machado, compagnon de route de trois générations puisque ces mots guident désormais les pages d'une de mes filles ;-)
    Caminando... J'y ai pensé encore cette semaine en voyant Carole quitter le chemin où je ramassais les Miettes qu'elle semait pour nous.
    Et partir des Miettes de Carole, passer bousculer Colibri dans sa cuisine, et arriver à la Retirada, quel chemin !
    Bises.

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  5. Merci pour cet excellent texte d'un poète que je ne connaissais pas. Je me suis permis de le recopier.

    En vous lisant, je vois bien que j'ai du chemin à faire ne serait-ce lire Vian B. J'ai vu l'émission, c'était un homme fascinant et ça m'a donné envie de le lire. Je n'ai jamais été dans cette "fièvre" intellectuelle, je l'ai cotoyée seulement car j'avais une autre colère, une autre rebellion, celle du monde ouvrier d'où je suis issue, dont je suis devenue fière. Cette colère muette, je l'avais envers ces étudiants qui en parlaient de ce monde sans vraiment le connaître, ni ses valeurs, son intelligence, sa générosité, sa solidarité surtout. L'homme que j'admirais le plus, c'était mon père, ouvrier de son métier mais aussi poète, grand lecteur,sportif, comédien amateur, chanteur : il avait pris des cours de chant (moins cher que le piano) et aimait Tino Rossi et les opérettes.
    C'est fou comme finalement quelques mots font ressurgir des images formidables.
    Merci encore
    bon WE
    Annick

    Ps - j'ai connu le papier de correspondance "avion" et les enveloppes qui vont avec...

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  6. Quelle grande richesse que tous ces échanges. Quand je pense que sans internet, tout cela n'existerait pas... Bien sûr, nous aurions d'autres interlocuteurs sans doute, d'autres avis sûrement...
    Mais nous aurions manqué toutes ces émotions-là.
    Merci à vous.

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  7. Quel bel hommage Annick ! C'est tellement vrai ce que tu dis ! Nous partageons plus que tu ne penses ;-)
    Bises.

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  8. J'adore Machado, c'est un des poètes espagnols les plus émouvants. Je suis allée lui porter une branche de mimosa, sur sa tombe, il y a peu de temps...
    Je suis très émue en pensant à lui et à tous ceux de son époque qui ont fuit le franquisme et la barbarie. Que de persécutions et de malheurs...
    Ce qu'il y a de plus triste c'est de penser que de tels actes perdurent,encore de nos jours, dans le vaste monde...
    Essayons d'oublier la tristesse et ne voyons que la beauté des vers d'Antonio!
    Les pèlerins du Chemin de Saint-Jacques connaissent bien ce poème, il se retrouve comme un leitmotiv tout au long de leur route.
    Poutous

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  9. Merci Henriette, celui qui croit au ciel, celui qui n'y croit, chacun trace son chemin porté par le même poète ;-)
    Amitiés.

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